Les cimetières européens d’Algérie

 

             Notre association, le RECOURS-FRANCE, effectua un voyage en Algérie en juin 1983 afin de se rendre compte de l’état des cimetières européens qui n’avaient pas été visités depuis juillet 1962.

             Cette visite fut effectuée par trois de nos membres :

§         Roland DESSY, qui visita les cimetières de l’est algérien,

§         Léo PALACIO, ceux de l’ouest algérien,

§         Jacques ROSEAU, ceux du département de l’algérois.

             A leur retour, ils remirent un rapport au gouvernement de Monsieur Pierre MAUROY, Premier Ministre de l’époque, au Ministre des rapatriés Yves COURRIERE, mais aussi pour information au Président de la République François MITTERRAND.

            Ce rapport qui alertait déjà l’Etat français sur la détérioration de nos cimetières ne donna lieu à aucune action ni diplomatique, ni autre, auprès de l’Etat algérien qui, dans le cadre des Accords d’Evian, avait pris l’engagement d’entretenir ces cimetières.

             Dans le cadre du voyage du Président de la République Jacques CHIRAC en Algérie en mars 2003, nous avons été contactés par la cellule « élyséenne » pour connaître les desideratas des rapatriés pouvant être exprimés par le Chef de l’Etat au cours de ce voyage.

             Lors d’une séance de travail avec deux conseillers du Président de la République, Madame Valérie TERRANOVA et Monsieur André PARANT, nous avons demandé au Colonel MELIANI et à Monsieur Yves SAINSOT, Président de l’ANFANOMA, de se joindre à nous.

            Nous avons exprimé notre souhait de voir aborder lors des discussions avec l’Algérie le problème de nos cimetières.

            Lors de la visite du Président de la République Jacques CHIRAC au cimetière de Saint Eugène, partiellement rénové, celui-ci nous a affirmés, à Monsieur Claude POLI et à moi-même, que les deux pays, la France et l’Algérie, s’étaient mis d’accord pour la rénovation des cimetières européens laissés à l’abandon depuis 41 ans.

            Depuis ce problème complexe et douloureux est suivi par le Ministère des Affaires Etrangères et les rapatriés, représentés par leurs associations traditionnelles, mais aussi par d’autres associations qui ont vu le jour récemment.

            Pour notre part, comme d’autres, nous ne ferons pas de surenchère, mais nous aiderons de notre mieux les pouvoirs publics à régler ce problème avec humanité dans l’intérêt de tous nos compatriotes.

Philippe NOUVION, Secrétaire Général

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Point sur le plan gouvernemental en faveur des sépultures françaises en Algérie

par la Mission interministérielle aux Rapatriés

 

            Afin que soit préservée la mémoire des nombreux Français qui ont vécu et qui ont été inhumés dans les quelque 600 cimetières recensés sur la terre d’Algérie, un plan d’action et de coopération relatif aux sépultures civiles françaises a été engagé dès 2003, après la visite d’Etat du Président de la République en Algérie.

            Par cette action, les pouvoirs publics ont souhaité répondre à une attente exprimée par les rapatriés d’Algérie. Il s’agit de procéder en priorité à la remise en état de décence et la réhabilitation du plus grand nombre possible de sites, fortement dégradés par l’usure du temps et l’insécurité qui a régné pendant de nombreuses années sur le territoire algérien.

            C’est ainsi qu’au cours des derniers mois, et en coopération avec les autorités algériennes, qui ont également exprimé leur volonté de préserver ces espaces de mémoire, des opérations importantes de sauvegarde ont pu être engagées. Grâce au concours actif de collectivités locales françaises partenaires, ces efforts seront intensifiés dès cette année.

            Au cours du recensement effectué en 2003 part nos autorités consulaires en Algérie, il a été constaté qu’un certain nombre de cimetières, généralement situés dans des zones rurales, ne pouvaient malheureusement plus être réhabilités ou entretenus, en raison de leur état dégradé ou de leur situation. C’est pour garder la mémoire de ceux qui y sont inhumés que l’Etat a pris la décision, après avoir consulté le Haut Conseil des Rapatriés, de prendre en charge le financement du regroupement, dans des sites préservés, des tombes ou des restes mortels. Grâce à ces regroupements, les familles trouveront un lieu de mémoire sauvegardé, où elles pourront ainsi honorer et garder le souvenir de leurs morts.

            C’est afin d’assurer l’information des familles que le ministère des Affaires Etrangères a publié un arrêté (J.O. du 14 janvier 2005) fixant une liste de 62 cimetières qui pourront faire l’objet, dans les mois à venir, d’un regroupement ; cet arrêté ouvre un délai minimum de quatre mois pour que les familles puissent faire connaître, si elles le souhaitent, leur volonté de transférer, quand cela est possible, leurs défunts en France. Bien entendu, cela ne signifie pas que les dépouilles des défunts devront être transférées dans ce délai de quatre mois. Les opérations de regroupements devant se dérouler sur plusieurs mois voire plusieurs années, les familles pourront jusqu’à leur achèvement exprimer leurs volontés.

            Il convient toutefois de remarquer que nombre de responsables d’associations de rapatriés pensent que ces procédures de transfert devraient être peu sollicitées, dans la mesure où les familles qui le désiraient vraiment ont du depuis longtemps déjà procéder au rapatriement de leurs morts ; la plupart souhaitant que leurs défunts restent inhumés sur la terre natale où ils ont vécu.

            Des renseignements sur la procédure mise en œuvre, ainsi qu’un dossier exhaustif sur le plan engagé par le gouvernement sont accessibles sur le internet : www.consulfrance-alger.org régulièrement mis à jour. Par ailleurs, une information a été largement diffusée par les soins de la Mission Interministérielle aux Rapatriés en direction des associations de rapatriés d’Algérie, afin qu’elles puissent la communiquer aux familles concernées. Pour plus d’informations sur ce dossier, il est possible également de consulter la revue « Réponses Rapatriés » sur le site internet du Premier Ministre, encart spécial (format.pdf) :

www.premier-ministre.gouv.fr/IMG/pdf/Encart_Reponses_n6_3.pdf

 


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